Des combats qu'il faut livrer, alors qu'ils sont gagnés d'avance

Mardi 27 février 2018

J'ai rêvé que papa était mort. C'était si inconcevable que je continuais de le voir et de lui parler. J'en faisais part à Ubik et à Maloriel, comme si c'était normal. Je savais que je ne faisais que calfeutrer un abîme dans lequel j'étais bien près de tomber, mais pour l'heure, ça fonctionnait.

Le pire a été de me réveiller au milieu de la nuit et de ne pas réaliser tout de suite que ça n'était qu'un putain de rêve. Depuis, j'attends avant de décrocher le téléphone, une angoisse sourde baignant mon ventre.

Papa, s'il te plaît, reste en vie encore longtemps. Je ne suis pas prête à te perdre, pas prête du tout.

12h45
Découvertes de la semaine sur Spotify

Tandis que le guerrier rennais expérimente le renoncement, je gobais deux pilules. Oh, rien de grave. Des cachetons aux plantes, en vente libre en pharmacie. Je ne me savais plus si fragile. Mais ce matin, alors que je prenais ma douche en écoutant de la chouette musique et en sachant pertinemment qu'il faisait un temps superbe, j'avais l'impression d'être environnée de nuages anthracites. J'avais presque peur de sortir, et de m'apercevoir que même en offrant mon visage au soleil, je ne ressentirais rien d'autre que le froid et l'angoisse.

Deux pilules aux plantes ont suffi, pour un temps, à lever le voile. Mes entrailles dénouées, je me suis dit qu'il était bien paradoxal de sombrer si facilement, si un presque placebo pouvait me remettre les idées à l'endroit.

Je demeure bien trop agitée pour songer à écrire ce mémoire que je me suis promis de sacrément entamer pendant ces vacances. Je me dis que si je me confrontais à la page, déjà moins blanche qu'avant, j'en ressortirais rassérénée. Je le sais, ça marche à chaque fois.
Mais non, pas maintenant.

Peut-être aussi parce que je me suis jurée de ne pas sans cesse repousser mes émotions. Parce que ça ne fonctionne que sur le court terme. Et moi, je veux qu'ils repartent, Angoisse et ses valets-cauchemars. Donc, je les regarde.
Sans froideur ni états d'âme.

Je vais faire du rangement en les surveillant du coin de l'oeil. Aérer, repositionner, contempler.

Allez, va-t-en, Angoisse. Tu sais bien que je gagne à chaque fois.

...

Mardi 20 février 2018, 16h49
Capsule temporelle 2018

La nuit dernière, j’ai rêvé de M. C’est toujours extrêmement bizarre, compte tenu du fait que, bah, il n’existe pas. Pas en dehors de ma tête, en tout cas. Nous étions dans… un souterrain, une grotte, peut-être, le plafond était très bas, il faisait sombre tout autour de nous – je ne sais pas d’où venait la lumière qui nous éclairait. Et je lui disais… Quoi exactement ? C’est confus parce que je crois que ce lieu incarnait M. C’était son Naya’ Lune, sauf que le sien était obscur et anxiogène parce que M, c’est un mec perturbé. Et du coup, comme j’avais conscience d’être dans son monde, je lui disais que j’étais désolée. Que si j’avais pu me figurer avant à quoi ça ressemblait, d’être dans sa tête, alors j’aurais agi différemment. J’ai toujours essayé de le protéger et je ne l’ai jamais jugé. Mais c’est pas pareil de vraiment comprendre, profondément, ce que traverse autrui.

Et donc, tout ça est un peu insensé, puisque, bah, M. n’existe pas. Ah oui, sachant que dans ce rêve, je n’étais pas moi, mais elle. Ouais. Je suis quand même à la limite des personnalités multiples, là. Quand je dors, en tout cas.


Féminisme et excentrisme (en deux temps, hein)

Lundi 19 février 2018, 22h23
Capsule temporelle 2018

Lu aujourd'hui sur Francetvinfo.fr : "C'était une Rambo déguisée en Barbie" : Laeticia Hallyday, une femme d'influence ? »

Alors, c’est peut-être l’influence de Titiou Lecoq (qui doit être la seule meuf un tant soit peu féministe qui ne se contente jamais de fake news pour argumenter), mais ce gros titre, là, par contre, il me dérange vachement. Autant j’en ai rien à carrer de la vie de famille de Johnny, autant ça, là, oui, ça me choque. La meuf, elle a deux choix : incarner le « summum » de la virilité, ou les tréfonds de la féminité. Et si c’était juste une gonzesse amoureuse, qui comme tous les gens du monde, se souciait davantage de sa progéniture que des ayants-droits déjà « âgés » et riches de son mari ?

Nan, sérieux, j’suis hyper choquée par ce gros titre. J’aime bien, aussi, l’idée qu’une femme qui a un cerveau en devienne nécessairement une « femme d’influence ». On s’attendait à ce que la Latiatia, elle fasse la belle gosse au bras de son rockeur de mari, et elle a osé utiliser sa cervelle, et elle a, OMG, eu une influence sur l’homme qui l’aimait et lui faisait confiance. Quelle garce. Perso,  j’en déduirais que si une meuf est trop conne, en théorie, pour que son mec l’écoute, bah c’est que Johnny, il avait un déficit d’hormone et que ça l’a transformé en femmelette. Il a été influencé par sa venimeuse épouse, sans déc’. Quelle lopette.

23h13
♫ CSS – Faith in love

Aaah… Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette conversation. Celle où on me répond que je pourrais faire tout ce que je fais actuellement, avec un gosse. C’est marrant, parce que ça émane soit de mecs (mon père ou mon beau père, qui n’ont pas eu la charge des enfants), soit de meufs qui apparemment ne saisissent pas l’ampleur du fossé qui nous sépare.

Ah, elles se couchent tard. Parce qu’elles ont occupé les trois heures précédentes à s’occuper du gamin en question. Moi, je les ai consacrées à écrire ou à gamer. C’est pas un jugement que je porte ; c’est un fait. Elle dit : « c’est vrai qu’on est tous différents, et c’est une richesse », et j’entends : « je ne comprends pas du tout que tu n’aies pas cédé à cet impératif social/biologique, mais je me sens comme les racistes : j’ai une amie nullipare, ça prouve que j’ai aucun problème avec ça. »

Surtout quand c’est une gonzesse dont le fond de commerce, c’est qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche et qu’elle ne fait jamais rien dont elle n’ait pas envie. Elle dit de sa fille : « Elle n’aime pas faire comme les autres et ne rentre pas dans le moule… Je me demande de qui elle tient ça. » Désolée, mais… dans quel moule t’es pas rentrée ? Tu fais absolument tout comme tout le monde, jusqu’à procréer, ce qui est, excuse-moi, putain d’important. Et le premier impératif social auquel les humains – les femmes – soient soumis. Je ne t’en veux pas de l’avoir fait – j’en ai rien à carrer de comment tu mènes ta vie, c’est encore la tienne, que je sache. Mais viens pas me dire que t’es une putain de rebelle.

(Je parle d’une meuf que j’aime beaucoup et avec qui je passe mes soirées à échanger des textos, pas de quelqu’un que je méprise).
Morgane, c’est un rayon de soleil. Elle sait ouvrir sa gueule → je pense que sa gosse, oui, elle la voulait. J’ai aucun doute sur la question. Je comprends juste pas sa perplexité. Pas de la part d’une meuf « différente ». Jtrouve que les gens mettent les barrières entre la normalité et l’excentricité là où ça les arrange.