Pourquoi (?)

Lundi 15 juin 2020, 00h04
Mes tops titres en 2019 (qui vont aussi l'être en 2020, du coup)

Je n'ai pas écrit ici depuis plusieurs mois et ce soir, je le fais alors même que je n'ai plus de raisons de le faire.

J'ai beaucoup envié ma sœur pour les belles rencontres qu'elle a faites. Sur plein de sujets, j'ai toujours quinze ans dans ma tête, et correspondre avec quelqu'un qui me touche de plein fouet et n'appartienne pas à ma famille faisait toujours partie de mes rêves.

Je dis correspondre, parce que souvent, les connexions intellectuelles ne survivent pas à la rencontre physique. En l'occurrence, je le connaissais du boulot et nous avons commencé à nous écrire "accidentellement", après une conversation due au hasard à propos du Motocultor et de Heilung. Je lui ai envoyé mon morceau préféré (le trailer de Hellblade 2, évidemment) et ça a ouvert un gouffre.

Je le lui ai même dit, que normalement, tout ce que je lui ai écrit, je l'aurais fait ici s'il ne m'avait pas envoyé ce mail. Ça m'interroge pas mal à propos de ce que je cherche à accomplir en blogguant, mais je ne me leurre pas : je vais continuer. La preuve.

J'ai découvert un nouveau blog, aujourd'hui. Écrit par un mec, ce qui m'a fait un bien fou. Je n'écris pas seulement parce que je me sens seule. J'écris parce que ça m'a sauvé la vie. Parce que je ne peux pas faire autrement. Parce que ça n'a parfois aucun seul de le faire pour soi. Certaines choses crient trop fort. Je me fais le porte-voix d'une palanquée de démons, et si d'autres que moi ne l'avaient pas fait, je me serais recroquevillée sur mon îlot et m'y serais desséchée.

Alors ce soir j'écris même si l'encrier est vide, parce que je trouve ça magnifique, ces glyphes imprimés sur des murs, des feuilles volantes ou des journaux intimes, qui témoignent de ce qu'aucun d'entre nous n'est un stéréotype ou une coquille vide. Le plus bête de mes élèves a toujours eu quelque chose à dire qui dépassait de loin ce qu'il était capable d'exprimer. J'aime que ça laisse des traces.

Découragement

Mardi 24 mars 2020
♫ Top titres 2019

J'suis en plein dilemme. Entre l'envie d'écrire et la conscience que personne ne me lit. Les gens qui lisent le début de mes fics ne dépassent pas le chapitre 1. Et, évidemment, ne laissent aucun commentaire. Personne n'a lu Jack of Spade. L'art ingrat d'écrire pour des gens qui ne réalisent pas que ça ne coule pas de source.

Enfin, "pour" des gens... J'écris pour moi, d'ailleurs c'est pour ça que je continue. M'enfin, quitte à n'écrire que pour moi, je me demande pourquoi je ne me contente pas de bloguer.
Je confesse à ce propos une profonde jalousie pour les Miss Blemish et consort, qui sont contactées par des éditeurs juste parce qu'elles font un max de vues sur leur blog. Je ne leur en veux pas, je les jalouse, seulement. Je pense par ailleurs qu'elles écrivent vraiment bien. Et j'admets une part d'aigreur qui me fait dire que les éditeurs cherchent avant tout à vendre, pas à rendre publiques des œuvres qui les touchent (ce qui explique qu'ils ne réfléchissent pas avant de songer à publier les mémoires de Woody Allen...) (je tiens à préciser que Miss Blemish n'écrit pas de fiction)

Mais c'est vrai que c'est un peu déroutant, et au final très décourageant, de s'apercevoir que ce qui nous tient à cœur et nous a pris tant de temps à mettre en forme n'intéresse strictement personne. Concernant DA2, les gens ne recherchent apparemment que des fics humoristiques, ce que la mienne n'est que rarement. Et de toute façon, d'une manière générale (point aigreur numéro 2), les univers qui m'intéressent n'intéressent qu'une poignée de pelos. Le pire, c'est que je pense que même si j'avais fait comme Mu et publié ma fic FFXV - un univers *un poil* plus populaire que DA -, je n'aurais pas eu plus de vues, parce que je démarre direct dans le drama, et que les gens veulent de l'humour et du yaoi et après, éventuellement, du contenu.
(la fic de ma sœur est exceptionnelle et je vous la recommande très vivement, mais genre vraiment.)

Bref : je ferais mieux de me concentrer sur mes cours de japonais.

Ni vengeance ni absolution

Vendredi 13 mars 2020, 00h08
♫ Heilung - In Maidjan

Je voudrais jouer à Hellblade. L'énigme à laquelle je me suis arrêtée m'ennuie (je suis très patiente, mais pas pendant longtemps, disais-je à mes élèves il y a deux ans, qui, du haut de leurs douze ans, ne relevèrent pas :)) mais ce n'est pas ce qui me rebute.

Je ne veux pas jouer à Hellblade. Je ne suis pas Senua, je ne veux pas de son sacrifice, ni des voix dans sa tête qui me traitent de conne chaque fois que je m'éloigne de mon objectif. Je me demande sincèrement si ceux qui ont joué jusqu'au bout avaient besoin qu'on leur rappelle... Qu'ils ne maîtrisaient rien ? Que leur vie serait courte ? Qu'elle ne vaudrait rien en regard de l'immensité ?

Le sacrifice de Senua n'est pas le mien, mais celui de gens plus courageux que moi, ou plus croyants, et je ne veux pas les suivre. Je peux les regarder en face, mais pas les suivre. Elle incarne ce à quoi j'espérais échapper, ce que je fuis avec ce que j'estimais être de la force et de la détermination. Je ne ploie pas devant les démons. Je ne laisse personne entrer. Senua, si. Elle croit que chaque parcelle d'elle qu'elle abandonne lui ouvre la voie. Moi, j'écoute Danheim et, si je me concentre assez, chaque note devient une écaille que j'ajoute à mon armure.

Quand une flèche me transperce, je recommence. Je me crée un nouveau visage. Je ne suis pas de ceux qui persévèrent.

 

Je suis de ceux qui ne savent pas abandonner. J'utiliserai toutes les feintes à ma disposition. Je me relève, me cache et me métamorphose. Je n'irai jamais jusqu'au bout. Là où d'autres se dépouillent, je me tiens au bord du chemin, et sélectionne le masque qui m'ira le mieux.