Féminisme et excentrisme (en deux temps, hein)

Lundi 19 février 2018, 22h23
Capsule temporelle 2018

Lu aujourd'hui sur Francetvinfo.fr : "C'était une Rambo déguisée en Barbie" : Laeticia Hallyday, une femme d'influence ? »

Alors, c’est peut-être l’influence de Titiou Lecoq (qui doit être la seule meuf un tant soit peu féministe qui ne se contente jamais de fake news pour argumenter), mais ce gros titre, là, par contre, il me dérange vachement. Autant j’en ai rien à carrer de la vie de famille de Johnny, autant ça, là, oui, ça me choque. La meuf, elle a deux choix : incarner le « summum » de la virilité, ou les tréfonds de la féminité. Et si c’était juste une gonzesse amoureuse, qui comme tous les gens du monde, se souciait davantage de sa progéniture que des ayants-droits déjà « âgés » et riches de son mari ?

Nan, sérieux, j’suis hyper choquée par ce gros titre. J’aime bien, aussi, l’idée qu’une femme qui a un cerveau en devienne nécessairement une « femme d’influence ». On s’attendait à ce que la Latiatia, elle fasse la belle gosse au bras de son rockeur de mari, et elle a osé utiliser sa cervelle, et elle a, OMG, eu une influence sur l’homme qui l’aimait et lui faisait confiance. Quelle garce. Perso,  j’en déduirais que si une meuf est trop conne, en théorie, pour que son mec l’écoute, bah c’est que Johnny, il avait un déficit d’hormone et que ça l’a transformé en femmelette. Il a été influencé par sa venimeuse épouse, sans déc’. Quelle lopette.

23h13
♫ CSS – Faith in love

Aaah… Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette conversation. Celle où on me répond que je pourrais faire tout ce que je fais actuellement, avec un gosse. C’est marrant, parce que ça émane soit de mecs (mon père ou mon beau père, qui n’ont pas eu la charge des enfants), soit de meufs qui apparemment ne saisissent pas l’ampleur du fossé qui nous sépare.

Ah, elles se couchent tard. Parce qu’elles ont occupé les trois heures précédentes à s’occuper du gamin en question. Moi, je les ai consacrées à écrire ou à gamer. C’est pas un jugement que je porte ; c’est un fait. Elle dit : « c’est vrai qu’on est tous différents, et c’est une richesse », et j’entends : « je ne comprends pas du tout que tu n’aies pas cédé à cet impératif social/biologique, mais je me sens comme les racistes : j’ai une amie nullipare, ça prouve que j’ai aucun problème avec ça. »

Surtout quand c’est une gonzesse dont le fond de commerce, c’est qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche et qu’elle ne fait jamais rien dont elle n’ait pas envie. Elle dit de sa fille : « Elle n’aime pas faire comme les autres et ne rentre pas dans le moule… Je me demande de qui elle tient ça. » Désolée, mais… dans quel moule t’es pas rentrée ? Tu fais absolument tout comme tout le monde, jusqu’à procréer, ce qui est, excuse-moi, putain d’important. Et le premier impératif social auquel les humains – les femmes – soient soumis. Je ne t’en veux pas de l’avoir fait – j’en ai rien à carrer de comment tu mènes ta vie, c’est encore la tienne, que je sache. Mais viens pas me dire que t’es une putain de rebelle.

(Je parle d’une meuf que j’aime beaucoup et avec qui je passe mes soirées à échanger des textos, pas de quelqu’un que je méprise).
Morgane, c’est un rayon de soleil. Elle sait ouvrir sa gueule → je pense que sa gosse, oui, elle la voulait. J’ai aucun doute sur la question. Je comprends juste pas sa perplexité. Pas de la part d’une meuf « différente ». Jtrouve que les gens mettent les barrières entre la normalité et l’excentricité là où ça les arrange.

Eastsiders

Dimanche 18 février 2018, 22h00
Capsule temporelle 2018

Eastsiders m’avait beaucoup manqué. À la fin de l’épisode 5 de la saison 3, tous mes souvenirs étaient clairs : j’ai toujours été Cal, avec sa noirceur exagérée et sa propension à juger, à commencer par lui-même. Et j’ai toujours été folle amoureuse de Thom. Tout colle. Ça m’a paru important de me souvenir qu’on ne tombait pas amoureux des gens qui nous ressemblaient, et que ça expliquait la relation qu’on entretient avec les gens imaginaires.
J’aime tout dans cette série, y compris ses bizarreries. Je trouve que Thom et Cal jouent incroyablement juste. J’aime la manière dont leurs corps occupent le cadre.

Ça me fait rire parce que Thom est… superficiel. Il a le physique d’un surfer et l’attitude d’un hédoniste dénué d’empathie. Enfin, c’était le cas dans les saisons précédentes. Ça m’étonne presque d’être amoureuse d’un personnage tel que lui. Et pourtant… Il me fait complètement craquer.
Ce que j’ai aimé, dans cette saison, c’est… l’optimisme. C’est la première fois que nos deux amants se rejoignent.

Ils sont tellement nombrilistes. Je l’ai souvent pensé en regardant des séries. Tous ces personnages qui se définissent comme « broken », « a mess », « not normal ». J’ai toujours envie de leur crier dessus. De leur demander : « mais OÙ t’as vu des gens normaux ? » Tous les protagonistes de toutes les œuvres artistiques se posent la même question. Ils s’enferment dans leur petit monde, dans lequel, pourtant, tout le monde est au moins aussi démoli qu’eux. D’où leur vient donc cette idée que la vie, c’est une putain d’image d’Épinal ?

Sunny Day

Vendredi 16 février 2018, 13h48
♫ Indochine – 13

Je suis tellement fatiguée que je sais plus bien où j’en suis dans la journée, et c’est plutôt agréable. Il faut super beau.

Partir dans vingt-cinq minutes donner un dernier cours, un peu chancelante. Rouler vers l’est et quand même arriver à la mer. Écouter Indochine avec la même joie qu’avant. Retrouver, de ce fait, une partie de l’adolescente fan. Me lover littéralement dans leurs mélodies – je ne les avais pas autant aimés depuis Alice et June. Peut-être même Danceteria – que j’ai aimé en retard. Comme l’impression d’avoir retrouvé une bande originale à ma vie. Comme l’impression d’être vêtue de musique. Mon dieu, c’est tellement rassurant. Ouii ouii c’est moi !

Ça me rappelle l’époque où j’écoutais Placebo en boucle, quand Pure morning s’enroulait autour de moi, comme du lierre qui soutient de vieilles pierres. Je pouvais pas m’écrouler, j’avais de la musique pour me tenir debout. Le casque soudé aux oreilles, relié au walkman qui déroulait les bandes de cassettes déjà antiques. Les compil’s enregistrées à la sauvage sur Ouï FM. Les copies de trucs que j’avais en CD – mais pas de discman, c’est venu quelques années après. Placebo et Marilyn Manson en boucle, qui traduisaient, qui en musique, qui en paroles, tout ce que je ne savais pas exprimer. Je taillais dans mes poignets, je répondais par monosyllabes, mais il suffisait d’écouter ma musique pour savoir.

La fatigue reflue. Reste le soleil sur mes paupières et le bitume qui scintille au milieu de cette journée à part, cette journée lumineuse au bout de semaines de pluie, de grêle et de bourrasques qui donnent envie de s’enfouir sous une couette pour lire Léa Silhol toute la journée.
La vie est belle ? Je sais pas. Le monde est beau, en tout cas. C’est déjà pas si mal.