All rework and no fun makes me a dull writer

Vendredi 7 février 2020, 22h46
Top titres 2019

Quand je publie un chapitre, il se dissout. Tous les doutes que j'émettais à son sujet, mais aussi toutes les fiertés, disparaissent. Ne restent que les incertitudes liées à l'écriture du suivant.
C'est marrant, parce que je me dis que je devrais poster beaucoup plus rapidement : une bonne partie de la suite est déjà écrite, c'est quand même con de rester coincée sur ces points de suspension. C'est pas comme si je corrigeais. Pendant des mois, tout ce que je fais, c'est modifier la ponctuation, ainsi qu'un mot, par-ci par là.
J'ai littéralement passé des lustres à relire le chapitre que je viens de poster. Et maintenant que c'est fait, je suis passée à autre chose. C'est un soulagement et non un regret.

Ceci dit, j'adore mes chapitres non publiés : puisqu'ils ne le sont pas, je les relis, et j'y retrouve tout ce qui manque désormais à mes parties, parce que je connais DA2 par cœur, et qu'il m'est désormais difficile d'y voir autre chose que ce que ça raconte. Mes chapitres non publiés sont des promesses et des refuges. Et j'ai aussi la satisfaction de les trouver de plus en plus aboutis. Facile ! Ils sont inachevés.

Comme d'habitude, les "à-côtés" m'emmerdent. Je continue de penser que ce qui a été écrit est parfait. Ce sont les blancs à combler qui ne le seront pas. Je traduis plutôt bien mes épiphanies. Va juste falloir les relier, parce que sans ça, ça ne ressemblera à rien. Sauf que je ne suis pas très douée pour trouver du sens au quotidien. Tout de suite, dans ma tête, ça sonne comme du Philippe Delerm. La suavité des petits pois, tout ça... Ça me donne des boutons. Je ne veux écrire que des embrasements. Je pense que j'y arrive plutôt bien. Je ne veux pas pour autant écrire des feuillets détachés les uns des autres. Je veux écrire une histoire.

Et pourtant, j'ai tellement hâte de rendre publique "l'arrivée à Fort Céleste" ! J'en suis fière ! J'ai juste pas la moindre idée de la façon dont je devrais relier les épisodes, et pas vraiment envie de m'en soucier. Ça ne m'intéresse pas vraiment. Et encore une fois, c'est bien dommage, vu que sans ça, il n'y a rien. Ça fait juste une somme d'épisodes sans liens les uns avec les autres, et c'est pas non plus ce que j'ai envie de faire lire. J'aimerais bien trouver les nœuds, être capable de transcrire les transitions. Je ne sais juste pas écrire autre chose que moi-même, et moi, entre deux épisodes de transe, je me noie dans le quotidien - ou, en tout cas, ce que j'y vis ne me semble pas digne de me rester en mémoire.

À force de traîner, j'ai aussi zappé des trucs qu'il m'ennuie de ne pas faire figurer dans mon texte, parce que je les trouve plus pertinents que ce que j'ai déjà écrit. (mais bon, c'est sans doute parce qu'ils ne sont pas publiés, donc parfaits.)

La fanfic a cela de génial qu'elle se publie en feuilleton et que, quel que soit le laps de temps écoulé entre deux chapitres, elle permet une certaine liberté de forme et de ton. J'ai déjà tenté - et je tente de nouveau - l'expérience du roman. Ce dernier oblige à bien plus de cohérence. Finalement, chaque chapitre d'une fic ressemble plus à une entrée de blog, ce qui le rend unique et me permet de le lire indépendamment, et d'être fière, ou du moins satisfaite. Mais je me dis parfois que le roman m'obligerait à expurger tous les "remplissages", qui, sans forcément déplaire à mes lecteurs, me dérangent, moi.

"Je t'aime"

Vendredi 10 janvier 2020, 23h17
Transe

"Je t'aime", c'est la phrase qui ouvre souvent mes rêveries, et elle rime avec abandon. J'aime dire "je t'aime", ça veut dire que je te fais confiance, et qu'entre tes bras, je pourrais me laisser glisser subrepticement. Je sais que tu me lâcheras pas. Je sais qu'aussi loin que j'aurais l'impression d'aller, tu maintiendras ma bouche hors de l'eau.

Je me complairai dans mes apocalypses personnelles, et toi t'attendras la fin de l'orage.

Je ne sais pas si j'aurais le cran de faire de même. Je crois que oui ; je me targue de ne supporter que les épiphanies et leurs contraires. Je ne te suivrai jamais si tu sombres d'ennui.

Je nous veux crucifiés, toujours.

"Je t'aime" et un abîme s'ouvre sous mes pieds - et sous les tiens, je l'espère.

Mon deuxième mot préféré, c'est vertige.

Je t'aime si tu tombes, si tu hurles, si tu luttes. Je te détesterai si tu embrasses la tiédeur parce qu'elle t'est plus confortable.

Je ne t'aime pas parce que tu me protèges, mais parce que j'ai une chance de te tirer de là où tu te trouves.

"Je t'aime" appelle évidemment sa réciproque, et la danse, et la cime des arbres, les chutes, les roulades dans la poussière et les mains jointes dans l'obscurité comme dans la lumière. Et la crête des vagues, et l'écume sur le sable, et les envolées lyriques et la foi. Je t'aime quand tu rampes dans le noir et quand tu ris aux éclats, et parce que nous essayons encore une fois d'épeler "éternité". Je ne te demande pas d'échouer, ni d'ignorer la lumière qui sourd tout autour de nous, mais je confesse que si tu oublies ce que ça faisait, d'avoir cette écharde plantée dans le cœur, j'aurai du mal à te reconnaître.

Je t'aime parce que tu me ressembles.


Tu peux éprouver de l'indifférence pour ce qui m'émeut, je ne réprouve pas tes élans vers les infinis qui m'effraient. Je t'aime dans tous ces instants qui sont "trop", quand l'absolu de nos émotions nous aveugle.

Je dis "toi", je ne parle pas de lui, ni d'eux. Je parle de nous : de cette connexion qui se crée entre toi et moi quand nous basculons ensemble. Parce que si tu tombes, je tomberai aussi. N'ai foi qu'en ma main qui serre la tienne. Ne crois pas la froideur des syllabes qui s'échappent de ma bouche. Le givre mortifère m'est étranger, c'est pourquoi je l'ai adjoint à ma panoplie de guerrière. Ce n'est qu'une armure, et comme elle est lourde, elle précipite ma chute. J'ai tout le temps peur, tu sais. Mais je te suis.

Nan mais la lose, quoi

Une heure après avoir posté le précédent billet, j'ai aidé à repousser l'assaut d'Ulfric sur Blancherive et... Lydia est morte !!! Je ne sais même pas où ! Et j'ai perdu mon autre compagnon également !